Revue de presse

  • La frénésie sécuritaire par Laurent Mucchielli (Le magazine de l’homme moderne)
  • Depuis 2002, c’est une véritable frénésie sécuritaire qui s’est emparée de nos gouvernants, et qui se déploie dans un empilement de lois venant réformer le droit et la procédure pénale tous les six mois en moyenne. En réalité, chaque nouvelle loi est votée en urgence, alors que la précédente vient à peine d’entrer en vigueur et que l’on est encore incapable d’en évaluer les effets dans la pratique. Tout se passe comme si la fonction de la loi était désormais moins réformatrice que symbolique ou « déclarative ». Tout se passe comme si, paradoxalement, la lutte contre l’« insécurité » devenait moins un problème qu’une solution pour les pouvoirs publics : le moyen d’afficher leur détermination et de montrer qu’ils agissent.

    Comment se déploie cette frénésie sécuritaire ? Plusieurs processus ou tendances coexistent. Nous en identifions au moins cinq : dramatisation, criminalisation, déshumanisation, disciplinarisation et désocialisation..suite et source de l’article sur www.homme-moderne.org


  • Le nom de Nicolas Sarkozy dans une affaire de corruption?
  • Ca remonte à longtemps, la période 1993-95, où Nicolas Sarkozy est ministre du budget du gouvernement d’Edouard Balladur. D’après Bakchich.info, il aurait donné son accord pour la création d’une entreprise au Luxembourg, baptisée Heine, qui servait à faire transiter des commissions dans les affaires de ventes d’armes. Un peu comme l’affaire des frégates de Taïwan (pour vous rafraîchir la mémoire, cliquez ici). La DCN (direction des constructions navales) aurait vendu pour 60 milliards de francs d’armes entre 1991 et 2002, dont 6 milliards de commissions.

    Là où le bât blesse
    “La création de la société Heine au second semestre 1994 s’est faite après accord de Nicolas Bazire, directeur de cabinet du premier ministre Edouard Balladur, et du ministre du budget Nicolas Sarkozy, et fait un lien entre le financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l’élection présidentielle de 1995” peut-on lire dans le rapport de police que s’est procuré Bakchich. Deux précisions. Les commissions étaient autorisées jusqu’à l’an 2000 (et la mise en place de la charte de lutte contre la corruption). En revanche, le financement de la campagne électorale, s’il était avéré, ne l’était pas.

    A l’origine d’un attentat?
    Mediapart.fr évoque le rôle trouble d’un agent français né au Liban Ziad Tiakkedine qui aurait facilité la vente de sous-marins au Pakistan en 1994. Mais une fois que Jacques Chirac a été élu, il a coupé court aux versements des commissions. Ce qui aurait entraîné en représailles l’attentat de Karachi, au Pakistan, en 2002, où 12 Français travaillant pour la… DCN avaient trouvé la mort.

    No comment
    20minutes.fr a joint l’Elysée, qui n’a pas souhaité faire de commentaires.

    (Sources: Bakchich.info, 20minutes.fr, Mediapart)


  • Les policiers municipaux autorisés à s’équiper en Taser

LEMONDE.FR | 08.09.08 | 13h37 • Mis à jour le 08.09.08 | 13h50

près la police nationale et la gendarmerie, c’est au tour de la police municipale de découvrir le Taser. Le décret autorisant les communes qui le souhaitent à armer leurs policiers municipaux en pistolets à impulsion électrique de marque Taser sera publié au Journal officiel mardi 9 septembre, rapporte Le Parisien. Pour le ministère de l’intérieur, l’usage de cette arme qui bloque temporairement le système nerveux vise à remplacer, quand c’est possible, le recours aux armes à feu.

Place Beauvau, on estime que ce nouvel équipement permettra de “trouver un juste milieu entre la matraque et l’arme à feu”, rapporte Le Parisien. Selon les chiffres officiels, 38 % des polices municipales sont actuellement dotées d’armes à feu. La parution du décret n’oblige en rien les communes à désarmer leurs policiers, souligne le quotidien, mais le ministère dit espérer que la proportion de policiers munis d’armes à feu diminuera progressivement au profit des Taser. Les 3 800 Taser en circulation depuis quelques mois auraient déjà entraîné une baisse de 30 % des utilisations d’armes à feu, selon le ministère de l’intérieur.

DÉCÈS SUSPECTS

Le site officiel de Taser France décrit l’objet comme un “pistolet non mortel, facteur de paix civile”. Le Taser X26 serait “l’arme anti-bavure par excellence”. Non seulement il supprime “les risques de dérapages mortels”, mais il serait en outre moins dangereux que les autres armes dites “moins que mortelles” telles que choqueurs électriques, gaz, armes d’impact à balles de caoutchouc ou bâtons… Conscient des inquiétudes soulevées par son invention, la marque diffuse même des vidéos d’interventions réussies au Taser. Sur plus de 50 000 tirs, “aucun incident mortel n’a été relevé”, assure le site. Une affirmation contredite par le comité de l’ONU contre la torture, qui a estimé en novembre 2007 que l’usage de cette arme était “une forme de torture” et pouvait “même provoquer la mort”.

Plusieurs associations, dont Amnesty International, s’interrogent elles aussi sur la dangerosité réelle du Taser en se référant à des décès suspects aux Etats-Unis et au Canada, parfois filmés et mis en ligne sur Internet. La cour fédérale de San José, en Californie, a même estimé, le 8 juin, que Taser International était responsable de la mort d’un homme – électrocuté une trentaine de fois – pour n’avoir pas alerté la police des dangers de cette arme contre une personne sous l’emprise de la drogue. Les autorités françaises coupent court à ces critiques en assurant que le Taser utilisé en France est “moins puissant” que celui dont sont dotés les policiers canadiens, rapporte Le Parisien.

Onze communes, la plupart dans la région parisienne, ont d’ores et déjà fait acte de candidature pour acquérir le pistolet à impulsion électrique, parmi lesquelles Toulouse, Levallois-Perret et Orange. Selon le site officiel de la marque, plus de 65 pays ont déjà adopté le Taser.

Soren Seelow
SOURCE www.lemonde.fr/web

article du 23/11/07 à lire http://www.alter-nativa.net/2007/12/09/taser-pistolets-a-electrochocs/

Pour ceux qui seraient inquiets sur l’utilisation de cet engin!
Paris, le vendredi 23 novembre 2007

Communiqué de presse de RAIDH :

L’ONU condamne le Taser, la France en redemande !

A l’heure où le Comité contre la Torture de l’ONU demande à un Etat partie de renoncer à l’usage du Taser X26, le Ministère de l’Intérieur français s’apprête à autoriser l’équipement de la police municipale en pistolets à électrochocs.

Le Comité contre la torture de l’ONU vient de demander ce vendredi 23 novembre au Portugal de renoncer à l’usage des armes électriques « Taser X26 ». Le Comité déclare sans son rapport que « l’usage de ces armes provoque une douleur aigue, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort, ainsi que l’ont révélé des études fiables et des faits récents survenus dans la pratique ».

Une intervention de la police canadienne contre un touriste polonais non armé (1) avait déjà récemment mis en exergue, une nouvelle fois, les risques dénoncés par le Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme (RAIDH) quant à l’usage des pistolets à électrochocs de type TASER, devant le nombre croissant de décès rapportés suite à leur utilisation (2).

RAIDH souligne depuis le lancement de sa campagne « Non au Taser » (3) la dangerosité de ces armes, que le constructeur américain lui-même n’ose désormais plus présenter comme “non-létales” depuis l’intervention des autorités judiciaires américaines (4).

Malheureux hasard des calendriers, la Ministre de l’Intérieur vient d’indiquer son intention d’autoriser les maires à en équiper leur police municipale. Le Ministère s’apprête en effet à modifier le décret du 24 mars 2000 qui dresse la liste des armes dont peuvent être dotés les policiers municipaux et qui jusqu’à présent interdit le Taser.

Source et suite de l’article sur www.raidh.org

RAIDH note que ce revirement est en contradiction avec les rappels à l’ordre de préfets à l’encontre de maires ayant illégalement équipé leurs policiers municipaux :

« Je vous invite à restituer au plus vite ces armes et j’attire votre attention sur certains risques de dangers liés à l’utilisation de cette arme et sur le caractère non approprié de l’utilisation de telles armes dans des missions de surveillance des voies et lieux publics. » rappelait récemment l’un d’entre eux (5).

Le gouvernement français semble préférer étendre l’usage d’une arme que le Ministère de l’Intérieur, lui-même, a pourtant choisi de classer en 4ème catégorie (6), au même titre que les 357 magnum ou les fusils à pompes. Plus de 3000 policiers et gendarmes en sont déjà équipés, 1200 de plus viennent d’être commandés, et 4000 sont programmées pour doter les seuls policiers nationaux à l’avenir.

RAIDH a rencontré le 5 novembre dernier un représentant du cabinet du Ministre de l’Intérieur pour lui faire part de ses préoccupations et recommander de limiter le port des pistolets à électrochocs aux unités d’élites de la police et de la gendarmerie.

RAIDH s’inquiète que 17 000 policiers municipaux en contact permanent avec la population soient potentiellement dotés d’une arme permettant d’adresser une décharge de 50 000 volts et invite les parlementaires à légiférer le plus rapidement possible en la matière.

RAIDH est poursuivi par la société SMP Technologies, distributeur du Taser en France devant le TGI de Paris pour « dénigrement fautif de marque » et « dépassement des limites de la liberté d’expression » pour avoir indiqué que « l’usage du Taser présente un risque très important pour la santé et la vie des personnes ».

RAIDH se félicite de la recommandation du Comité contre la torture qui sera portée à la connaissance des juges dans l’affaire qui l’oppose au distributeur du Taser en France.

Au-delà, nous attendons de la France qu’elle prenne acte de cette décision et se mette en conformité avec les recommandations des Nations unies dans les plus brefs délais.

La citation in extenso du rapport sur le Portugal du Comité contre la torture rendu ce vendredi 23 novembre 2007 :

“Utilisation d’armes « Taser X26 »

Le Comité est vivement préoccupé par l’acquisition récente par l’Etat partie d’armes électriques « Taser X26 » devant être distribuées au Commandement Métropolitain de Lisbonne, au Corps d’Intervention, au Groupe d’Opérations Spéciales et au Corps de Sécurité Personnelle. Le Comité s’inquiète de ce que l’usage de ces armes provoque une douleur aigue, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort, ainsi que l’ont révélé des études fiables et des faits récents dans la pratique (articles premier et 16)

L’Etat partie devrait envisager de renoncer à l’usage des armes électriques « Taser X26 » dont les circonstances sur l’état physique et mental des personnes ciblées serait de nature à violer les articles premier et 6 de la Convention. ”

RAIDH – Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme – www.raidh.org

RAIDH, Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme est une jeune association de défense des droits de l’Homme, mobilisée autour de la promotion des droits humains, parmi lesquels le droit à la sûreté, le droit de ne pas se faire arrêter ou brutaliser de manière arbitraire.

Notes

1) Le Monde, 16 novembre 2007, La mort d’un homme relance le débat sur l’utilisation du pistolet Taser, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3210,36-979140,0.html

2) The Arizona Republic, Taser : Special Report, 5 Janvier 2006, traduction en français : http://www.raidh.org/RAIDH-devoile-la-liste-des-167.html

3) http://www.raidh.org/Campagne-Non-au-Taser.html

4) Communiqué du Procureur general de l’état d’Arizona, “Taser Agrees to Qualify Safety Claims, Clarify Product Warnings at Attorney General’s Request”, 22 décembre 2005, http://www.azag.gov/press_releases/dec/2005/TaserRelease.pdf

5) Lettre du Préfet de la Seine et Marne, 13 décembre 2005, http://www.raidh.org/spip.php?article273

6) Arrêté du 22 août 2006 relatif au classement d’armes, http://www.raidh.org/Le-Taser-X26-classe-en-arme-de-4e.html

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